Balessing Mon village

Historique

Le fondateur du village Balessing était originaire du village Bangang qui est situé dans le département des Bamboutos. Le chef Bangang qui eut beaucoup d'enfants prit à sa mort pour successeur son fils le nommé "Tetochba'a". Dès son intronisation, celui-ci fut un chef brutal, insolent et incapable de diriger un peuple. Il prenait ses décisions sans consulter son entourage, notamment les grands notables. La population le haïssait, le traitait de chef indigne et voulait même le déposer. C'est alors que le groupe des neuf notables et la population le détrônèrent. Le pauvre se décida à quitter le village Bangang. Ainsi dit, ainsi fait il quitta le village avec quelques-uns de ses fidèles. Il se dirigea vers le soleil levant comme Moïse quitta l'Égypte avec les fils d'Israël pour la terre promise. Après une marche de 8 km, ils arrivèrent enfin à Mapougoung où ils s’installèrent. C'était une zone de savane pleine de criquets que personne n'avait encore explorée. Tetochba'a s'y installa avec sa suite pour faire la chasse. Très flattés par les criquets, d'autres Bangang durent s'enfuir pour les rejoindre au nouveau pays. Ainsi, il accepta sur ce territoire toute personne à la recherche de l'exil, quels que soient ses méfaits.
Un jour enfin, Tetochba'a envoya ses hommes chasser. Au cours de leur chasse ceux-ci trouvèrent dans leur champ un chasseur inconnu qui avait violé leur domaine de chasse ; interrogé, ce dernier déclara avoir oublié son chemin. Ils le ligotèrent et le laissèrent dans une grande tornade qui s'était précipitée aussitôt. Il cria sans cesse, puis se mit à grelotter. Quelques instants après, il fut ramené dans la hutte où on le força à manger du gibier rôti, acte qui devrait constituer sa conversion en citoyen de Tetochba'a. La viande fut si appétissante que l'étranger l'eut consommée plus qu'on n'avait déjà vu quelqu'un manger. Alors, on le surnomma chef des mangeurs ou Fouopalepfa'a venu de Boudo'o ou Mbouda. Il fut désormais un sujet de Tetochba'a ou Fouodjoungpouo et lui fut tellement fidèle qu'il lui donna deux femmes et le titre de notable.
La cour du chef fut alors rapidement constituée de notables et de serviteurs (un Tabua et un Mwoualah) qui assurent des tâches qui concourent à la vie de la chefferie. Les notables (Nkem) sont les gardiens des coutumes fondamentales du village. Les notables de neuf contrairement à ceux de sept sont plus rapprochés du trône, faisant partie d'un corps fermé (Nzé) dont les membres sont recrutés une fois pour toutes parmi les magiciens éprouvés.Leur rôle est d'initier le chef à certaines pratiques magiques et de contrôler mystiquement ses actes.Ils assistent également le chef dans l'apaisement de la colère des ancêtres, le combat de la sécheresse, des épidémies, de l'excès des pluies.
Un autre jour arriva et le chef convoqua sa population pour trouver le nom du village ;
Trois noms furent avancés :
- " LAHAMECHINHE" : c'est-à-dire le village des insectes ; ce nom fut refusé parce que l'abondance des insectes n'était que périodique ;
- " LAHAPOUONG " : c'est-à-dire le village de la chasse ; le chef refusa ce nom parce qu'il n'entendait pas limiter les activités de ses hommes uniquement à la chasse ;
- "LAHALECHUNG " : c'est-à-dire le pays du froid ; ce dernier nom suscita beaucoup d'intérêt et des discussions s'en étendaient pendant dix jours.
On ne va pas continuer dans de vains débats. Les "neuf" et les "sept" du village se réunirent pour fixer le jour où on donnera définitivement le nom du village. Très tôt,le jour convenu, hommes,femmes, enfants sortirent des cases , chacun avec quelque chose pour se couvrir car il faisait vraiment froid que tous grelotaient.Où est le chef? il est encore chez lui , il a froid, les notables ont froid;qui va ouvrir la bouche et parler le premier? on a froid.
À l'arrivée du chef, un vieux dit qu'il fait trop froid parce que nous sommes là où le froid sort de la terre. Ainsi, le chef déclara enfin nous sommes les « PAHALECHUNG ».
Mais pour clore la cérémonie, on creusa une fosse où le chef exigea de tous, et en particulier des exilés, qu'ils jettent tout ce qui était de nature à troubler la paix sur son territoire. Après exécution, ce trou fut remblayé, puis chainé.
Voici donc l'acte de naissance officiel du village Balessing.